Cérémonie d’ouverture suivie de L’Histoire du tigre

Conte de Dario Fo (1978), avec Antonio Buil
par le Teatro due punti (GE) | spectacle pro hors compétition | 20.– / 15.–

Durée : 60 min.

La pièce

L'Histoire du tigre | de Dario FoDario Fo, prix Nobel de littérature 1997, a passé des années à étudier les mystères du Moyen-Âge et les traditions orales de différentes cultures. Il est parvenu à retrouver dans son écriture la truculence et la puissance subversive des jongleurs médiévaux, des cantastorie et des bateleurs chinois.

Avec L’Histoire du tigre, il nous présente une autre vision du monde: celle de l’histoire faite par le peuple et pour le peuple. Par la voix du conteur, le peuple parle directement, démystifiant le sacré et le pouvoir en utilisant l’arme du rire et du grotesque. Dario Fo a entendu cette histoire pour la première fois sur une place dans la campagne prés de Shanghai. C’est le récit d’un soldat, blessé lors d’un combat par les soldats de Tchang Kaï-chek et qui aura la vie sauvée grâce à une tigresse rencontrée dans une caverne. En Chine, le tigre a un sens symbolique très précis: on dit qu’une femme, un homme, un peuple a le tigre, quand devant des grandes difficultés, au moment où la plupart s’enfuient, il ou elle résiste.

Mise en scène Paola Pagani
Jeu Antonio Buil
Production Théâtre Spirale

La troupe

Le Teatro due punti est né à Genève en 1998 de la rencontre de deux acteurs, Antonio Buil et Paola Pagani, qui cherchent à développer leur propre langage théâtral. La compagnie mène une recherche où l’image est conçue comme action poétique, née de l’action de l’acteur, de son travail physique, vocal, et de son imagination. Elle explore les relations entre le vrai et le faux, le réel et le théâtral, le concret et l’onirique, et propose un théâtre vivifiant, résolument latin. Antonio Buil et Paola Pagani cherchent à créer une communication avec le public à travers une dialectique entre l’action théâtrale et l’imaginaire du spectateur.

» www.teatroduepunti.ch

La crise, certes, mais crise de rires

Un théâtre en crise, un théâtre où Hans-Rudolf Merz est président de la Confédération. Ainsi pourrait se résumer les premiers mots de Luca Pitteloud lors de la cérémonie d’ouverture du festival.

Mais très vite « the Crisis » triste et grave prend la tangente pour devenir crise de rires! Entre un quizz Question pour un Champion dans lequel deux politiques fribourgeois ont respectivement grandi dans une cave en Gruyère et passé un brevet de proxénétisme, des jurés absents pour causes de raisons personnelles – Polanski retenu dans sa cellule par l’écriture de son nouveau scénario « Quand Trenet rencontre Michaël Jackson » ou Frédéric Miterand dont l’avion a été retenu en Thaïlande – le public découvre tout de même le vrai jury.

Et pas des moindres! La sublime Viviane Bonelli, comédienne et metteure en scène, l’unique Joël Aguet, comédien, historien du théâtre et dramaturge, ainsi que le télégénique Laurent Deshusses, comédien et réalisateur. Chacun lâche un petit merde aux troupes amateur pour la compétition qui les attend. Quelques mots lâchés, brefs mais justes, sans doute autant que le discours de Sylvain Maradan, programmateur du Nouveau Monde, qui ne s’est vraisemblablement pas préparé! Mais Sylvain de confier à la sortie que l’humour fou et décalé du comité FriScènes le déstabilise tout particulièrement. Notons effectivement que les cérémonies d’ouverture de festivals sont rarement aussi drôles et… spéciales. Pour preuve, les paroles de la chanson sur laquelle est présenté le comité d’organisation de FriScènes: « T’as mis ton steack dans le tartare »? « J’ai vu tes couilles dans le miroir »? (Aurais-je dû censurer ce passage pour les plus sensibles d’entre vous?).

GRRRRrrrr! Et c’est sur une imitation du cri du tigre particulièrement réussie (Hmm Hmm je n’en dirai pas plus…) de Paul Pignat que le premier spectacle est lancé….

Audrey Castan

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Cérémonie d’ouverture
Paul Pignat, responsable administratif FriScènes
Luca Pitteloud, responsable artistique FriScènes
Mercredi 21 octobre à 17h

Une tigresse qui a du chien

On dit qu’on a le tigre quand, devant les grandes difficultés, au moment où la plupart s’enfuit, on résiste…

La philosophie et la symbolique chinoise du tigre en arrière-fond, c’est une chose. Mais tellement secondaire lorsque l’on passe près d’une heure de bonheur et de rires, une heure durant laquelle il n’est plus possible de distinguer la part de texte de la part d’improvisation, une heure d’un talent magistral à l’état pur!

GGGRRRR, Ping, Ting, Splash, Slurp, Beurp, Aïe, Snif, Grrrr (encore une fois pour le plaisir) et bien d’autres encore! Un soldat blessé se réfugie dans une caverne où il fera la rencontre d’une tigresse et de ses trigrichons (et oui, trigrichons). Et peu à peu c’est une véritable histoire de couple qui s’instaure entre le héros et sa tigresse: lui passe son temps à faire la cuisine pendant que Madame part à la chasse. A ça, ça le gonfle. Il en fait une crise d’hystérie (pourtant, précise-t-il, il a suivi une thérapie), avant de fuir jusqu’à un village. Mais la bête ne lâche pas l’affaire. C’est une lionne (euh….), elle le suit et devient l’amie, la mascotte, et la sauveteuse (re-euh…) du village et des villages voisins qui ne tardent pas à réserver les services de la Tigresse!

Antonio Buil, unique acteur sur scène, ne se contente pas de raconter ou de jouer cette histoire, il la fait vivre. Le texte (pour ceux qui l’ont lu) est drôle, mais le talent de l’acteur en rajoute une couche. Et le public en est la preuve: de la première à la dernière minute, il rit, il rit, il rit, il rit (en fait, il rit tout le temps) à gorge déployée. Et les « c’était trop bien », « j’ai adoré », « trop drôle », « l’acteur est sacrément talentueux » lâchés à la sortie par l’un ou l’autre le confirme: Il faut un talent fou pour raconter une histoire, la jouer, passer du rôle de narrateur à celui d’acteur, faire participer le public (qui a rugit… oui oui, il a vraiment rugit), d’y ajouter des petits commentaires personnels, de titiller l’imagination, et entre temps, trouver le temps de respirer! GGGRRR, mais impossible de faire la distinction entre le texte de Dario Fo et les improvisations de l’acteur. Cette histoire, il l’a fait sienne, à tel point qu’on pourrait presque se demander s’il n’a pas réellement vécue cette épopée! D’ailleurs…? Mais là n’est pas la question. Il n’y a d’ailleurs pas de question, mais uniquement et rien que du plaisir!

Une ouverture de festival plus que prometteuse. Déjà chacun est dans l’ambiance, motivé à bloc pour les pièces qui vont suivre. L’atmosphère est posée et le public, d’ores et déjà conquis. On ne peut donc que se réjouir de découvrir la suite…

Audrey Castan

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L’Histoire du tigre
Theatro due Punti
Mercredi 21 octobre à 17h30

Alpenstock

Comédie noire et grinçante de Rémi de Vos (2006),
par la compagnie L’emporte-pièce (Lux, F) | 15.– / 10.–

Durée : 60 min.

La pièce

Alpenstock | de Rémi de VosQuelque part dans les Alpes, Grete, une femme simple et avide de propreté, tient son foyer de manière irréprochable. Sa constante hygiène intérieure semble être un moyen de se protéger contre un monde plein de saleté. Un sentiment de sécurité renforcé par son compagnon, Fritz, nationaliste invétéré, qui la guide et la rassure. Mais au sein de cette pureté vient s’immiscer le monde extérieur, dangereux, avec le personnage de Yosip, qui fait basculer cet univers conjugal trop parfait. Accepter la différence, l’inconnu, l’autre, voilà quelques-uns des thèmes développés dans ce texte. Même si les mots sont parfois cruels, cette comédie déjantée et joyeusement hystérique oscille entre satire sociale et cartoon non sans dénoncer les méfaits d’un nationalisme parfois (et souvent! voire toujours?) dangereux.

Mise en scène   Cie L’emporte-pièce
Technique   Jean-François Pezard
    Laurence Lardet
     
Fritz   Olivier Jeunet
Grete   Magali Neyton
Yosip   Sébastien Carrot

La troupe

La Cie Théâtre L’emporte-pièce est une compagnie de théâtre amateur basée à Lux (Saône et Loire). Elle est composée de trois comédiens et met en scène des pièces d’auteurs contemporains (Garcia, Gaudé, Renaude, Rullier…) à raison d’un spectacle par an environ. Depuis 2007, la mise en scène de son dernier spectacle, Alpenstock, remporte un vif succès. Il a ainsi été primé à plusieurs reprises dès sa création (Louis d’argent et Prix du public à St- Louis en Alsace, 2ème prix culturel du festival «Terre de scènes» à Villefranche-sur-Sâone). Ce spectacle a déjà été joué plus d’une vingtaine de fois et a permis à la Cie de voyager un peu partout en France (Lyon, Narbonne, Nancy, Aix-les-Bains,…) mais aussi en Suisse (Salvan) et bientôt en Belgique! Il est de plus sélectionné pour le Grand Prix Charles Dullin (FNCTA) qui aura lieu à Aix-les-Bains fin octobre. La compagnie est aussi à l’origine et à la réalisation de "L’étéâtrales de La Cour Basse", rencontres de théâtre amateur qui se déroule depuis maintenant 3 ans à Lux (71).

» lemporte-piece.blogspot.com

Séance  [ intermède théâtre ]

Représentation gratuite, sur la petite scène du Café de l’Ancienne Gare

Comédie de Michel Viala (1974), par Les Tréteaux de Cossonay (VD)
Une belle occasion de commencer le festival avec un grand sourire !

S’il est une tradition bien ancrée dans les habitudes de notre pays, c’est bien celle de ses citoyens qui se plaisent à se regrouper en amicales ou sociétés diverses, structurées à la manière des autorités locales, cantonales ou fédérales. Pour des motivations diverses mais avec un objectif commun – théâtre, chant, partage de souvenirs, mobilisation ou contemporains – chaque société est régie par des statuts souvent immuables.

Mais qu’advient-il lorsque les joyeux contemporains prennent de l’âge ?
Viala nous fait la démonstration d’un théâtre vivant afin que le public s’y reconnaisse sans perde jamais le plaisir des découvertes et des surprises.

» www.lestreteauxdecossonay.ch

Machine à croire

Pièce contemporaine de Mélanie Richoz (2009),
par Vestiaire Dames (Bulle, FR) | 15.– / 10.–

Durée : 60 min.

La pièce

Machine à croire | de Mélanie RichozMachine à croire est une création de Vestiaire Dames. Mais avant cela, Machine à croire, c’est vous, cher public! Vos confidences, vos croyances, vos superstitions, délivrées à l’auteure qui, l’oreille attentive, les a recensées et encastrées, comme un enfant assemble des Légos.

« Je croyais que la "petite souris des dents" vivait dans mon ventre et se nourrissait de ce que je mangeais… Elle avait une cuisine aménagée à l’intérieur de mon estomac. Quand je courais et que j’avais un point, c’était la table de sa cuisine qui s’était déplacée. »

« Je ne fais jamais de vœux car je crois que la vie nous réserve mieux que ce qu’on attend d’elle. »

« Je croyais que les spaghetti, les cornetti et les macaroni, ça poussait sur les arbres. »

Vous y croyez, vous? Ces croyances vous semblent-elles invraisemblables? Et les vôtres, de quoi sont-elles faites? Parce que tout le monde a des croyances…

Mise en scène   Mélanie Richoz
    Stéphane Berney
     
Jeu   Sabrina Zeppa
    Pelin Turgut
    Sophie Archelas
    Valérie Rolle-Béguelin
    Géraldine Moret-Romanens
    Aude Dupasquier
    Grégoire Gachet
    Stéphane Sudan

La troupe

Vestiaire Dames est une petite compagnie gruérienne de théâtre amateur, composée d’une douzaine de personnes. Elle a été créée en 2007 à l’occasion de son premier spectacle, Croquant, craquant.

 Dernière mise à jour du site: 6 janvier 2012 @ 15:07© FriScènes 2008-2010