On dit qu’on a le tigre quand, devant les grandes difficultés, au moment où la plupart s’enfuit, on résiste…
La philosophie et la symbolique chinoise du tigre en arrière-fond, c’est une chose. Mais tellement secondaire lorsque l’on passe près d’une heure de bonheur et de rires, une heure durant laquelle il n’est plus possible de distinguer la part de texte de la part d’improvisation, une heure d’un talent magistral à l’état pur!
GGGRRRR, Ping, Ting, Splash, Slurp, Beurp, Aïe, Snif, Grrrr (encore une fois pour le plaisir) et bien d’autres encore! Un soldat blessé se réfugie dans une caverne où il fera la rencontre d’une tigresse et de ses trigrichons (et oui, trigrichons). Et peu à peu c’est une véritable histoire de couple qui s’instaure entre le héros et sa tigresse: lui passe son temps à faire la cuisine pendant que Madame part à la chasse. A ça, ça le gonfle. Il en fait une crise d’hystérie (pourtant, précise-t-il, il a suivi une thérapie), avant de fuir jusqu’à un village. Mais la bête ne lâche pas l’affaire. C’est une lionne (euh….), elle le suit et devient l’amie, la mascotte, et la sauveteuse (re-euh…) du village et des villages voisins qui ne tardent pas à réserver les services de la Tigresse!
Antonio Buil, unique acteur sur scène, ne se contente pas de raconter ou de jouer cette histoire, il la fait vivre. Le texte (pour ceux qui l’ont lu) est drôle, mais le talent de l’acteur en rajoute une couche. Et le public en est la preuve: de la première à la dernière minute, il rit, il rit, il rit, il rit (en fait, il rit tout le temps) à gorge déployée. Et les « c’était trop bien », « j’ai adoré », « trop drôle », « l’acteur est sacrément talentueux » lâchés à la sortie par l’un ou l’autre le confirme: Il faut un talent fou pour raconter une histoire, la jouer, passer du rôle de narrateur à celui d’acteur, faire participer le public (qui a rugit… oui oui, il a vraiment rugit), d’y ajouter des petits commentaires personnels, de titiller l’imagination, et entre temps, trouver le temps de respirer! GGGRRR, mais impossible de faire la distinction entre le texte de Dario Fo et les improvisations de l’acteur. Cette histoire, il l’a fait sienne, à tel point qu’on pourrait presque se demander s’il n’a pas réellement vécue cette épopée! D’ailleurs…? Mais là n’est pas la question. Il n’y a d’ailleurs pas de question, mais uniquement et rien que du plaisir!
Une ouverture de festival plus que prometteuse. Déjà chacun est dans l’ambiance, motivé à bloc pour les pièces qui vont suivre. L’atmosphère est posée et le public, d’ores et déjà conquis. On ne peut donc que se réjouir de découvrir la suite…
Audrey Castan
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L’Histoire du tigre
Theatro due Punti
Mercredi 21 octobre à 17h30